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Programme
Organisation :
Danièle CHAUVIN,
UFR de littérature française et comparée,
Université de Paris IV-Sorbonne
Danuta KNYSZ-TOMASZEWSKA, Centre de civilisation polonaise, Université de Paris IV-Sorbonne
et l'Université de Varsovie
Co-organisé
par le CRLC, le Centre de civilisation polonaise Paris IV Sorbonne
et l'Université de Varsovie, ce colloque veut s'inscrire
dans le contexte de l'ouverture de l'Europe aux pays de l'Europe
centrale et centre - orientale, de la « saison
polonaise » en France, et dans le cadre de l'actualisation
de la convention signée entre les universités de
Paris IV-Sorbonne et de Varsovie. Mais il ne souhaite pas se limiter
aux compétences ni aux domaines français et polonais.
À l'heure
de l'élargissement européen, des espoirs et des
craintes qu'il suscite, à l'heure de la mondialisation
et des replis identitaires, ce colloque voudrait poser, autrement,
et à une autre échelle, la question des contradictions,
des tensions ou des articulations entre identité et altérité,
particularisme et universalisme, en l'ancrant dans une approche
de l'imaginaire dans la culture et l'art européens.
L'angle d'approche
retenu, celui du thème de la terre, invite, ne serait-ce
que par la polysémie du terme, à sonder les directions
souvent opposées qu'il ouvre à la pensée
et à l'imaginaire et permet de fonder cette réflexion,
au-delà des considérations politiques et économiques
le plus souvent explorées aujourd'hui, sur le socle du
patrimoine culturel et de l'imaginaire.
Si l'on se réfère
au Robert, dans la conscience commune, la terre c'est à la fois
-une étendue, le champ d'observation et d'action de l'homme
-une matière élémentaire, profondeur où la vie s'enracine
-une planète dans les espaces sidéraux.
En se fondant sur les grands axes
ouverts par le terme qui donne son titre au colloque, et en les
dépassant dans une approche qui se veut aussi historique,
on envisage de travailler selon 3 perspectives.
1 les rêveries et mythes de la
terre.
1 1. On pourrait d'abord étudier quelques
réécritures du (ou des) mythe biblique et des mythes
païens qui sont au cur de la culture européenne
: Adam naît de la terre et y retourne ; la terre est le
lieu de la chute comme celui de la Promesse ; le jardin d'origine
s'oppose à la cité promise ; l'errance prépare
au rétablissement, etc
On pense aussi aux figures
mythiques de Gaia, Rhéa, Cybèle ou Démeter,
au mythe des spartoi
1 - 2. Il pourrait s'agir aussi d'étudier comment
se manifestent dans l'art et la littérature les deux postulations
« imaginales » que Bachelard résume
dans les expressions de « rêverie du repos »
et « rêverie de la volonté ».
Rêverie du repos que nous pourrions, dans le cadre de notre
propos, gloser en rêverie du refuge, de l'enracinement et
de la quête identitaire, en nostalgie de l'origine. Rêverie
de la volonté qui s'exprimerait au contraire dans la dynamique
de la conquête : travaux, observations, voyages (terrestres,
souterrains, sidéraux), expansions, colonisations
2 Terre, terroirs et paysages
2-1. « La terre », c'est souvent
l'expression raccourcie pour parler des activités agricoles,
de la vie paysanne. Il s'agirait ici, dans une perspective à
la fois thématique et sociopoétique, d'étudier
les permanences et les variations géographiques et historiques
des représentations de la terre dans la littérature
et l'art européens :
-à partir de quelques types de paysages naturels (mer,
montagne, plaine
) : la Terre telle qu'en elle-même,
ou des terres, terroirs ou paysages, toujours particuliers ?
-à partir de quelques types de paysages humanisés
(champs et labours, villages
) où s'enracinerait et
se lirait l'identité d'un pays ou d'un peuple.
On ne pourra éviter de s'arrêter
aussi sur les représentations des activités elles-mêmes
et sur ce qu'elles disent du regard (souvent extérieur)
porté sur elles et sur la terre ainsi représentée.
On sera donc conduit à s'intéresser aux pastorales,
bucoliques et autres églogues, tout autant qu'aux romans
de la terre, aux romans et aux peintures réalistes, ainsi
qu'aux poèmes ou aux chants populaires.
2-2. Mais la terre c'est aussi celle de ses profondeurs
: la terre mystérieuse et nocturne des gemmes et des métaux
; et donc aussi celle des mines, des puits et des terrils : celle
de son exploitation industrielle.
Et l'on pourra de la même
façon interroger et confronter ces représentations,
et l'opposition entre le végétal et le minéral,
la surface et la profondeur, le jardin ou le champ et l'usine
ou la ville
et s'interroger sur le thème de l'exode
rural, du déracinement, de la perte d'identité dans
la "ville tentaculaire" ou celui du retour aux sources
et à la terre.
3 Terre, territoires et nations.
Cette question est certainement
celle qui est le plus souvent abordée aujourd'hui car l'ère
de la mondialisation, des alliances et des fédérations
est aussi celle du morcellement, des tentations et des replis
identitaires: La Terre ou les terres ? et quelle terre pour quel
peuple ?
Mais nous aimerions aborder
ces questions non pas à partir des notions géopolitiques
de territorialité, d'état, de mondialisation, non
plus qu'à partir des notions de patrie, de nation, de peuple
ou de race. Il s'agirait plutôt d'y arriver, en associant
à l'étude historique une étude de l'imaginaire
:
- étudier
comment dans certaines uvres s'articulent par exemple les
thématiques de la terre et du sang (sang versé,
liens du sang ou hérédité); celles de la
terre et de langue ; ou celles de la terre, du berceau, de la
tombe.
-étudier l'imaginaire de la terre à l'uvre
dans les épopées, les chants patriotiques ou certains
films engagés ; dans les récits d'exil, d'émigration,
ou bien d'occupation.
Et confronter ces représentations
aux grands mythes (antiques et bibliques) de fondation (d'un peuple
ou d'une ville).
-analyser aussi comment (dans le lexique par exemple) les imaginaires
de la mondialisation (économique et « communicationnelle »)
s'inscrivent dans le prolongement de ceux de la cosmologie : éclatement
et poussières de mondes, ou toile, liens, fibres et réseaux,
ordre et désordre
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